La formule
À la fin des années 1970, l’ingénieur et coureur Peter Riegel a montré que les records du monde sur toutes les distances, du mile au marathon, suivent une même courbe simple. Sa publication la plus connue est parue dans American Scientist en 1981 :
T₂ = T₁ × (D₂ ÷ D₁)1,06
T₁ et D₁ sont ton temps et ta distance de course ; D₂ est la distance pour laquelle tu veux une prédiction. L’exposant 1,06 traduit à quel point tu ralentis quand la course s’allonge : double la distance et ton temps fait un peu plus que doubler. Un 5 km en 20:00, par exemple, prédit 41:42 sur 10 km.
Où ça ne marche plus
La formule décrit des athlètes élites qui courent des épreuves pour lesquelles ils se sont spécifiquement entraînés. Pour tous les autres, c’est une estimation dans le meilleur des cas. Méfie-toi quand :
- Tu extrapoles loin. Un marathon prédit à partir d’un 5 km suppose que tu as l’endurance qui va avec ta vitesse. Les coureurs qui ne font pas régulièrement de sorties longues finissent en général plus lentement que prévu.
- La prédiction dépasse environ 3 heures 50. Riegel a calé sa courbe sur des efforts compris entre environ 3,5 et 230 minutes. Au-delà, la nutrition, la chaleur et les pauses marchées comptent plus que n’importe quelle courbe.
- La course de référence n’était pas courue à fond, ou elle était vallonnée, chaude ou venteuse. Données bancales, résultat bancal.
- Tu prédis une distance plus courte. Un bon marathonien n’aura pas forcément la vitesse pure pour un mile équivalent.
L’outil signale ces cas avec une étiquette « approximatif » et une note qui explique pourquoi.
Utiliser la prédiction
Considère le résultat comme un plafond pour ton objectif, pas comme l’objectif lui-même. Un plan marathon raisonnable part de la prédiction d’un semi récent, ajoute une marge si tes sorties longues ont été irrégulières, puis cale l’allure sur ce chiffre : mets-le directement dans le tableau des allures pour obtenir tes temps de passage, et dans le plan nutrition pour prévoir tes gels sur ce temps.
Si tu as couru récemment sur deux distances, compare-les. Si ton 10 km prédit un semi plus rapide que celui que tu as réellement couru, c’est ton endurance qui te limite : monte l’exposant à 1,07 ou 1,08 pour un chiffre marathon plus réaliste.